dimanche 29 janvier 2012

Un rêve étrange et pénétrant

Incroyable mais vrai, j'ai pris goût à ces soirées où on va "danser" sur de la musique de merde, des morceaux qui pourraient faire partie d'une compil "Tubes 2011". Je ne parle pas de danser en boîte. Je parle de danser dans des "bars discothèques" ou encore chez des potes.
Je crois que je suis retombée quelques années en arrière, que je me paye l'adolescence que je n'ai jamais eue, trop rejetée et dépressive que j'étais pour pouvoir découvrir les choses que l'on est censé expérimenter à cet âge. J'apprends à devenir coquette, à faire un peu mieux attention à moi même si je ne maîtrise encore absolument pas le véritable art du maquillage. J'ose mettre une jupe sans penser qu'on va se moquer de moi car je n'en porte jamais... Je me force un peu plus à sourire, à commander des cocktails hors de prix et payer 27 € les trois verres avec ma CB. J'apprends à ne plus être blessée (mais blasée) lorsque le beau mec de service vient systématiquement parler à l'amie avec qui je suis sans me jeter un seul regard.
Néanmoins je ne peux m'empêcher, quand je commence à être sérieusement pompette ce qui arrive systématiquement lors de ces soirées, à faire ma cynique. "Heyy vas-y on traverse toute la salle (comblée de chez comblée) en diagonale, en remuant et en faisant chier tout le monde : au passage on renverse de notre cocktail hors de prix partout !!" Oui, c'était drôle.

Beaucoup de fatigue en ces temps d'attente des prochaines vacances scolaires et les week-ends passés à dormir peu et à récupérer des gueules de bois n'arrangent rien.
Mon passage dans la vie adulte est fascinant. Désormais je ne bois plus de bière mais du vin et des cocktails. Je vais manger chez des amis, je fais régulièrement du sport, j'apprécie un bon restaurant. Je pars en vacances "à la neige" pour la première fois de ma vie. Toujours seule mais plus entourée que jamais, j'ai enfin envie de profiter, de m'ouvrir un peu et pour cela, envisage presque sérieusement de me mettre en colocation, comme les 3/4 des gens que je connais qui vivent près de Paris.
Mardi soir j'ai encore fait ce fameux "rêve étrange et pénétrant", ce rêve dans un rêve : celui que j'étais amoureuse d'un garçon que j'avais rencontré chez une amie. Dans mon rêve, on avait passé la soirée ensemble en tout bien tout honneur puis je m'étais endormie chez lui et j'avais rêvé que je l'aimais et qu'il m'aimait. Toujours dans mon rêve, je me réveillais avec une sensation de bonheur, d'apaisement voire d'espoir même si je savais que ce n'était qu'un rêve. Ensuite je me suis vraiment réveillée et ce sentiment a perduré encore quelques minutes.
Cette nuit, pour une fois, j'ai rêvé non pas que les élèves m'empêchaient de faire cours, mais que je n'arrivais pas à rejoindre ma salle, que je m'étais perdue dans le collège qui, en travaux, ressemblait à un véritable labyrinthe avec des escaliers de partout qui ne suivaient aucune logique. Je devais rejoindre le 2è étage mais aucun escalier n'y allait directement : du premier il fallait monter au 3è, traverser des couloirs, redescendre ensuite. Le temps passait de plus en plus, tout le monde était en classe sauf moi et ma collègue qui m'accompagnait. Je trouvais ça un peu gênant mais je crois que je m'en foutais un peu ce qui reflète bien ma nonchalance actuelle face au travail. J'ai aussi rêvé que je n'arrivais pas à trouver la bonne vidéo que je devais passer aux élèves sur mon ordinateur, et que je n'arrêtais pas de mettre le même extrait qui n'avait rien à voir avec le sujet. Un de mes élèves présent ressemblait à Clark Kent, grand, fort, carré. Cela devait être un lycéen mais en tout cas nous avions une "relation" je crois. D'ailleurs je me souviens que dans mon rêve je m'étais vantée auprès de mon amie d'avoir eu "Superman dans ma bouche il y a 15 mn". Amis de l'inflation bonsoir.



samedi 24 septembre 2011

bonne soirée

A peu près trois litres de bière, beaucoup de rires, des confidences, quelques mensonges, de la cendre par terre, des pistaches, des mégots dans une bouteille, des larmes, quelques verres de riesling, des discussions sur l'épilation, la mort, le boulot, le célibat, la taille du sexe masculin, le père alcoolique, la grand-mère alcoolique, la recette des pâtes au saumon, la maladie, Strasbourg, la Corse, la vie.
Bref, une bonne soirée passée avec celle que je peux appeler sans hésiter une seconde ma "meilleure amie".

lundi 29 août 2011

Des lignes


Ça y est, c'est passé, c'est digéré. A coups d'excès de margaritas, d'excès de films, d'images, d'excès de chlore, des longueurs puis des lignes mais des bonnes, celles que l'on trouve dans les livres. C'est sur la ligne 10 que j'ai lu les dernières de ce roman que j'ai failli lâcher au bout de quelques pages tellement c'était agaçant, cette façon de tout compter. Compter pour ne pas "intégralement rater sa vie". Une femme, solitaire, victime d'un toc (elle compte tout, mais vraiment TOUT) handicapant, qui rencontre un homme, suit une thérapie qui lui ramollit le cerveau, thérapie qu'elle va finalement arrêter pour redevenir elle-même. C'est le genre de bouquin qui marque car il crée une certaine résonance avec le présent : deux mois avant ou après il aurait peut-être été inintéressant.
J'ai aussi oublié à coups de décibels, de boue, d'odeur de poney : cette fameuse odeur particulière qui règne sur les festivals, indescriptible, une odeur de terre, de pieds, de sueur, et de paille, comme une odeur d'étables humaines. Retour à la solitude, deux jours sur les trois passés toute seule. Parmi des milliers de personnes. Toujours "seule avec des gens autour", plus que jamais. Quoique j'ai retrouvé mon bon vieux pote, mon deuxième cerveau, celui qui analyse avec cynisme ce que le premier cerveau voit (un peu comme dans mon bouquin). Premier cerveau : iiih Paul Banks ! Deuxième cerveau : sérieusement, Paul, c'est quoi ce blaser ?! Premier cerveau ; eh mais c'est MOI que Mike Skinner regarde, et en plus il me demande de lever la main comme lui, c'est incroyable il me regarde vraiment là, moi, la petite chose au premier rang ! Deuxième cerveau : hey je vais pas m'afficher à lever la main, regarde-le bêtement en souriant et fais semblant de ne rien comprendre à l'anglais ça va peut-être passer... Premier cerveau : wouahou, bravo grosse naze, foutre un vent à Mike Skinner c'est très très fort...
J'ai donc rechargé un peu mes batteries, après avoir laissé mon appart et mon corps en friche il est temps de redresser la barre et de me remettre à mes corvées. Prendre le métro avec tous ces "touristes" et rentrer chez moi après Rock en Seine m'a bizarrement fait prendre conscience que oui, maintenant ici c'est chez moi. La banlieue parisienne. Même si en rentrant à une heure du matin par le métro, fringues merdiques et couvertes de boue, cernes, Doc Martens rouges, blouson en cuir et T-shirt de Siouxsie and the banshees, je croise un élève, pas de problème, je tape la discute.
Premier cerveau : "Bon sang mais qu'est-ce qu'il fout dans le métro à cette heure quelque peu tardive ?!"
Deuxième cerveau :"-Ah, bonjour Ali, alors, quoi de neuf ?
-Bahhhh. Rien du tout madame... Vous êtes toujours au
collège P. ?
-Eh oui, je m'installe là-bas..."
Voilà, c'est lâché, je m'installe. Enfin.
Même s'il me manque encore un tapis mais je verrai ça plus tard.

mercredi 17 août 2011

Un tapis et un café

Essayer de l'oublier. Essayer de ne pas penser à lui. Difficile quand il m'a obsédée tout l'été. L’enthousiasme a pourtant vite cédé la place à la tristesse. Alors pour ne plus être triste, j'ai essayé de m'occuper la tête et les mains : déplacer les meubles de mon studio pour faire plus de place, pour y voir plus clair. Mais maintenant que j'ai planqué mon "tapis-moche" il m'en faut un autre. M'occuper la tête, partir à la recherche d'un nouveau tapis puis d'un meuble pour ranger de gros classeurs de cours. Oui car je me replonge dans mes cours. Oui car un soir, je rentre bourrée chez moi, j'allume mon ordi et je surfe sur le web. Et là, plutôt que de commander un sextoy (allez, c'est pas le genre de truc que tout le monde a déjà fait bourré sur Internet ? Ah bon...) je me suis inscrite à l'Agrégation de Physique-chimie option chimie alors que cela va faire 4 ans que j'ai plus suivi de cours, moi qui ai eu le Capes bonne dernière (mais du premier coup quand même). Depuis j'ai mauvaise conscience et je me suis mis en tête de réviser deux trois trucs quand même... Quand je l'ai annoncé à ma famille, j'ai eu un franc succès. "Il faut que je vous dise, j'étais bourrée, je me suis inscrite à l'Agreg..." Bref, fin de la parenthèse.
Ne plus y penser, ne plus rester en haleine, attendre désespérément un message le cœur battant la chamade pour finalement lire que mon forfait et mes options sont renouvelés jusqu'au 16 du mois prochain. S'il savait tout ça il me prendrait pour une folle. Écumer les magasins de déco, rentrer bredouille, encore plus frustrée qu'avant (c'est possible ça ?). Je referme la porte et m'effondre, j'ai presque envier de chialer pour un tapis. Mon appartement est trop vide maintenant. Bordel mais c'est quoi mon problème ? Il n'y a personne pour me dire ce qui cloche chez moi ? J'essaye de changer mon intérieur mais je ne sais pas ce que je veux. Comment trouver des objets originaux, esthétiques mais qui ne tranchent pas avec le reste ? Mission impossible.
Prendre ma douche sans y penser, sans me dire "C'est vraiment un connard de ne pas répondre à mes messages, ça coûte quoi bordel ? S'il ne veut plus entendre parler de moi il pourrait me le dire carrément ! Bon, de toute façon j'aurais jamais pu supporter un mec qui manque d'attention comme ça, et puis non, c'est même pas de l'attention, c'est juste de la politesse. Quand tu reçois un message le minimum c'est d'y répondre, je sais pas, même un ok, cool, on se tient au courant alors. N'importe quoi sauf le silence."
De la musique, une odeur de café : il faut que je trouve le bon dosage car je n'ai inauguré ma cafetière italienne qu'avant-hier. A force de boire mon café fait à l'ancienne je ne sais plus s'il est ultra fort ou juste très corsé. Au boulot, quand je clame gaiment "Je fais le caféééé !" tout le monde se regarde en coin avec un petit sourire gêné. Je n'ai jamais réussi à faire un café qui ait un arôme agréable mais qui ne fasse pas penser à la marée noire.
C'est le matin, café et internet, facebook, j'apprends que Matt Elliott passe au Point éphémère le 30 septembre, je me précipite pour acheter ma place. Enfin l'envie de pleurer me quitte. Je suis toujours en peignoir de bain fuchsia et les pieds nus sur le carrelage mais je m'en fous car mon n'amoureux, le seul, l'unique, celui qui a toujours su me consoler car sa musique me prouve qu'il existe sûrement plus dépressif que moi passe à Paris ! Merde au tapis dont j'ai rêvé et que je n'ai pas trouvé ! Je pivote sur ma chaise de bureau, fixe mon portable qui ne donne toujours pas signe de vie, et là je lui présente deux doigts d'honneur avec violence, avançant et reculant mes petits poignets pour montrer que je lui dis vraiment merde.
Matt Elliott a sauvé le début de ma journée. Le problème c'est que dans une journée il y a vingt-quatre heures. Après ce bref élan de courage, ce ressaisissement, la mélancolie à nouveau, un petit bout de dépression qui pointe le bout de son nez. Je tourne en rond chez moi, je n'ai pas le courage de sortir car j'ai peur de croiser mes élèves (ce qui arrive pratiquement à chaque fois).
Ma mère qui est malade on ne sait pas encore combien, entre le très grave et le grave. Je ne peux pas lui dire que je vais aussi mal, que je trouve ça injuste que je sois la seule à être seule à devoir le porter sur mes épaules. Mes sœurs ont chacune quelqu'un pour les consoler, les rassurer. Et bientôt la rentrée, il va absolument falloir que je me reforge ma carapace, pour ne surtout pas montrer ma souffrance, que j'aie l'air un minimum enthousiaste et combative. Il est aussi indispensable que j'arrête de pleurer pour une chanson, que j'arrête de prendre ma tête entre mes mains en disant "oh putain-putain-putain..." En attendant je suis nouée, j'ai envie de vomir, j'ai envie de prendre l'air mais je sais qu'il ne faut pas que je me penche du haut de mon balcon, pas dans cet état. Je crois que je suis un peu malade...


vendredi 22 juillet 2011

droit au bonheur ?

"Non, dis-je d'une traite. Merci. Une soirée avec vous ? Je ne peux rien imaginer de pire."
Il hoche la tête, regarde ses pieds. Puis il descend les marches de la véranda.
"Je regrette." La portière de sa voiture est restée ouverte. "C'est ce que j'étais venu dire. Eh bien c'est fait."
Je suis debout sur la véranda et j'écoute les bruits du soir, le crissement du gravier sous les pas de Stuart, les chiens qui vont et viennent dans le demi-jour. Je pense à Charles Gray, à qui je dois le premier et unique baiser de mon existence. Je me rappelle comment je l'avais repoussé, avec le sentiment confus que ce baiser ne m'était pas destiné.
Stuart entre dans la voiture et la portière claque. La vitre est descendue. Mais il garde les yeux baissés.
Je lance : "Laissez-moi une minute, je vais passer un pull !"

Kathryn Stockett - La couleur des sentiments


"Tu as droit au bonheur tu sais"
Un récent ami, sur un ton un peu ironique. S'il savait.....

C'est promis, la prochaine fois je ne laisserai pas le bonheur foutre le camp, ou plutôt j'essayerai de ne pas lui tourner le dos, mieux encore, je tenterai de ne pas le dégager à grands coups de pieds au cul. En attendant il y a du boulot.
Un p'tit SMS ? "Salut, quoi de neuf ?" ou "Pas de nouvelles, bonne nouvelle ?" -Pfff n'importe quoi, cette naïveté débile franchement, à moins qu'il soit capable de saisir le 20è degré.- "Heyyyyy ! Alors dis-moi, t'as pécho ?" -grrrrr- "Salut ! Dis-moi, est-ce que c'est la peine que j'avance mon retour à Paris ou alors je peux aller siffler là-haut sur les collines alsaciennes ?" -j'aime bien mais la référence est moyenne quand même-.
Bon j'en ai marre. "Salut ! Eh oui, c'est encore moi, la meuf naïve, héhé... Comment ça va ? Tu as le droit de ne pas répondre mais c'est inutile de le préciser car je viens de me rendre compte que ça fait dix jours que j'attends une réponse. T'ES MORT OU QUOI BORDEL ?!!"

Ahlala... snif.

mardi 19 juillet 2011

Suite

Ou alors je m'achèterai une chatte, elle sera noire et s'appellera Daria.



lundi 18 juillet 2011

Froide mais sympa

"Imagine que tu es enceinte" ouhla ça commence mal...C'est typiquement le genre de truc qui me fait flipper. Imaginer qu'une créature vivante me pousse dans le ventre je trouve déjà ça assez angoissant, mais bon, j'écoute quand même la suite. "Imagine que tu es enceinte, que tu vas à ton premier rendez-vous chez la sage-femme et qu'elle te demande Quelles sont les valeurs que vous voulez transmettre à votre enfant ? tu réponds quoi ?".
Qu'est-ce que c'est que cette question à la con ? Les "valeurs" ? Mais j'en sais rien moi, je ne sais même pas quelles sont mes propres valeurs. Je suis bien incapable de répondre. Je pense que comme ça, à vif, j'aurais répondu quelque chose genre "Ben je sais pas, les valeurs normales quoi". Et là j'aurais cherché des réponses toutes faites. Incapable de penser par moi-même j'aurais tenté de trouver le bon tiroir dans mon cerveau, celui où sont rangées les réponses théoriques concernant le bien et le mal. Je me serais dit "qu'est-ce qu'on attend de moi ?" comme si j'étais à l'oral du Bac. J'aurais donc inventé car c'est ce que je sais encore faire de mieux. Dans un premier temps j'ai donc réfléchi à des réponses convenues. Mais ensuite, passé ce premier réflexe, j'ai essayé de trouver ce que je considère comme des "valeurs". Et là j'avoue que je cherche encore... Déjà c'est quoi une "valeur" ? C'est une chose importante à mes yeux ? Toujours incapable de réfléchir par moi-même, j'interroge Google.
Le mot « valeur », du latin classique valor, est utilisé dès le XIe siècle pour désigner le mérite ou les qualités. Les valeurs sont les principes moraux, qui se classent différemment en fonction des particularités de l'individu ou de la société. Merci Wikipédia. Je continue mes recherches pour trouver des exemples de valeurs : le respect, l'acceptation, la considération, l'appréciation, l'écoute, l'ouverture, l'affection, l'empathie et l'amour envers d'autres humains.
Bien bien bien... Maintenant que j'ai une petite liste, c'est facile, il faut que je choisisse celles qui me semblent les plus importantes. Mais avant, j'aimerais savoir ce que ma sœur et son mari ont répondu. "Le respect des règles, le travail..." haha, on reconnait bien là les profs ! C'est vrai que je n'ai jamais considéré le "travail" comme une valeur mais plutôt comme une corvée nécessaire, comme faire la cuisine ou le ménage. J'aurais plutôt pensé à des choses comme l'ouverture d'esprit, le respect, un truc bête comme "être en harmonie et en paix avec soi-même" mais j'aurais eu peur de me faire griller sans doute.

"Tu es une bonne tata finalement..." a lâché ma mère après qu'on ait constaté que j'étais l'acheteuse des jouets préférés de mon petit neveu. Tout réside dans ce "finalement" que n'a pas manqué de souligner ma sœur. "Oui, en fait, elle feint d'être indifférente à lui mais elle lui choisit quand même bien ses jouets." C'est vrai qu'on m'a reproché cette fameuse indifférence. "De toute façon tu t'en fous" m'avait un jour dit son père en parlant de lui. C'est vrai que je ne suis pas du genre à exprimer mes sentiments ou à faire des compliments, ou même à lui faire des bisous alors que son père lui en fait environ quinze par minute. Eh oui, c'est comme ça, je parais indifférente ou insensible, et ça en est même anormal. Évidemment je le trouve mignon mais qui ne trouverait pas cette petite tête blonde mignonne. Le truc c'est que j'ai peut-être peur d'être maladroite ou de faire les choses de travers. N'empêche j'ai quand même progressé, je l'ai pris dans mes bras, je l'ai même emmené en balade deux fois, même si je me trouvais ridicule à parler toute seule (oui car parler à un bébé de 9 mois qui ne répond rien d'autre que mamamama c'est se sentir un peu seule). Le même constat concernant l'assistante sociale de mon collège qui m'a présentée comme "une fille froide et pince-sans-rire mais sympa" auprès de mon futur jeune collègue de Français. Étonnant qu'il ait quand même accepté de me parler après ça. Enfin ce qui compte ce sont les "finalement" et les "mais" qui éclaircissent un peu le tableau. Sur ce, je vais m'acheter un chat. Il sera noir et je l'appellerai Dexter.

mercredi 13 juillet 2011

Qui va à la chasse...

Un rendez-vous, une rencontre agréable pleine d'espoirs, ne pas oser envoyer un message puis sentir son cœur s'accélérer quand on en reçoit un. Échange de SMS, tentative pour lire entre les lignes. Puis attente d'un prochain rendez-vous qui ne pourra pas se faire. Dilemme : vais-je repousser mes vacances chez mes parents pour penser un peu à moi et tenter de construire quelque chose ou vais-je partir loin pendant longtemps quitte à avorter un embryon de début de quelque chose mais faire plaisir à ma mère, qui se réjouit depuis tellement longtemps de me revoir ? Mon bonheur ou celui de ma mère ? Je n'ai pas osé la contrarier alors je suis partie. Ou "rentrée" cela dépend des points de vue évidemment. C'est sûr que quitter la région pendant un mois juste après une première rencontre était un risque à prendre. Je savais que je m'en voudrais de ne pas avoir été égoïste, de ne pas avoir assumé et m'être préparée à essuyer la désapprobation, l'exaspération, la déception... "Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve" toujours et encore. Croire naïvement qu'on aura une seconde chance. Évidemment c'était oublier le proverbe "Qui va à la chasse perd sa place", comment ai-je pu le zapper moi qui adorais apprendre tous ces vieux adages populaires étant enfant.
Depuis, après avoir imaginé une vie avec je reprends ma bonne vieille vie sans. Un autre proverbe : "Loin des yeux, loin du cœur". Ça donnait des putains d'indices tout ça quand même...
En petite midinette j'ai quand même un vague espoir d'être tombée sur un Saint. Éteindre le portable pour ne pas être confrontée à la douleur de constater que je ne reçois plus de nouvelles, ni même de simple réponse. Bon... Il ne me reste plus qu'à me replonger dans mes proverbes pour trouver un peu de réconfort. Il n'y en a pas un justement qui dit "Un de perdu, dix de retrouvés" ? Celui-là bizarrement, j'y crois pas trop.


vendredi 1 juillet 2011

Eté

Ça y est, ça sent les vacances, l'été. La chaleur, les barbecues dans les jardins des amis, les longues journées passées à ne rien faire d'autre qu'à attendre qu'elles s'achèvent. Je me revois enfant, assise sur le trottoir en short devant la maison au mois d'août, le menton dans les paumes et les coudes sur les genoux, à attendre que les minutes défilent... L'ennui invite à rêvasser, à sortir de soi-même pour se regarder, là, assise bêtement sur le trottoir sous le cagnard, à se dire "dans quinze ans tu te souviendras peut-être de cette scène quand tu seras en train de siroter une caïpirinha bien fraîche sur la terrasse d'une maison luxueuse en face de Montsouris."
Les journées brûlantes, les soirées chaudes, l'alcool, les batailles de bière, les cheveux qui collent, les trajets en voiture vitres ouvertes. Puis enfin, les orages. Se réveiller à cause du bruit et se lever pour ouvrir les volets et admirer les éclairs qui déchirent le ciel et illuminent les rues désertes. Attendre les premières gouttes, avoir soudain envie d'écouter un morceau en particulier qui ira bien avec l'atmosphère électrique. Une boule dans le ventre qui grandit, un mélange de peur ancestrale et de soulagement de sentir la température chuter. Adolescente j'ai quitté subrepticement la maison de mes parents une nuit d'orage pour aller courir en pyjama à trois heures du matin : j'ai fait le tour du pâté de maison sous une pluie battante, assourdie par le tonnerre et rapidement trempée. C'était une des premières fois que je cédais à une pulsion et que je mettais de côté la raison. Dix ans plus tard, la scène m’apparaît comme dans un rêve.
La musique, l'alcool, les fous rires, les fêtes, les chamailleries, les interminables discussions en terrasse, celles dans le noir quand on peut marcher la nuit dehors sans mourir de froid, les bêtises, les psychodrames, les excuses et puis l'ennui un peu, se retrouver un peu seul, puis très seul, en profiter pour prendre soin de soi, pour faire un peu de sport, boire un peu plus d'eau, de thé. Lentement sentir l'été se finir, appréhender septembre et se dire "vivement l'an prochain". Je suis au meilleur moment : la veille de mon premier jour de vacances. Tellement bon ce moment que je ne veux pas me coucher, comme quand enfant j'étais excitée le soir de la veille d'un départ en vacances et que je me disais "bah, je dormirai dans la voiture". Là j'aurai deux mois pour dormir.

vendredi 17 juin 2011

Dans un bateau

Enfin rentrée du voyage scolaire en Bretagne auquel j'ai participé avec 2 autres profs. Rentrée épuisée mais contente d'avoir vécu cette expérience. Chaque soir quelques p'tits verres de cidre pour tenir le coup. Quelques minutes de répis pendant lesquelles nous arrivions à oublier le chahut de nos élèves. Il faut dire que nous n'étions pas très discrets. "Salut et bon courage" n'arrêtait pas de me dire l'instit qui partageait notre hébergement. Arrive un moment où on s'habitue au bruit, à la musique rap au son dégueulasse qui sort des portables, aux "vas-y nique ta mère" "j'm'en bats les couilles" et autres "vas-y j'vais t'enculer, gros !". Rentrée avec mes bagages et valises sous les yeux, j'ai aussi beaucoup appris sur la vie de mes élèves, comme par exemple le fait que ça ne les perturbe pas plus que ça de bouffer des chips et boire du Red Bull à 1h du matin. J'ai aussi découvert qu'ils étaient beaucoup à être accros aux bonbons et aux chips. J'ai réussi à voir en eux des "enfants" et plus des "élèves" et je me suis rendu compte que j'aimais bien leur côté "cash", que parfois en leur parlant et en étant proches d'eux on arrivait à obtenir plus qu'en les engueulant de façon informelle.
Notre petite boum un peu ratée m'a fait penser aux miennes quand j'étais en collège. Filles et garçons chacun dans leurs coins. Comme à l'époque, coincée, pas à l'aise pour bouger mon corps tandis que certaines filles se lâchent. Pas du tout la même musique qu'à mon époque mais bon... "Héééé hooooo 9-1, 9-2, 9-3 NEUF KAAAAAAAT" hurlent mes p'tits loulous en cœur sur Sexion d'assaut.
J'ai appris sur eux, j'ai compris que derrière leurs airs de caïds agressifs et grande gueule se cachaient des enfants qui ont un cruel besoin d'attention et qui sont ravis d'être taquinés. Je me suis aussi souvenue qu'il y avait une vie ailleurs qu'en banlieue, une vie au calme, une vie en harmonie avec la nature, en plein air, avec des gens qui peuvent prévoir le temps en regardant simplement le ciel et l'orientation du vent et pas le bulletin météo. Les cheveux aux vent et la pluie en pleine face, la marée haute et la marée basse. Oublier notre avenir de merde, enfin surtout celui des élèves. Nous sommes tous sur le même bateau, coincés en banlieue comme si Paris était un trou noir.
Pendant un instant, le vent qui soufflait dans mes oreilles a emporté leurs cris. "Chut, vous entendez le bruit de l'océan ? .... Eh bien maintenant je veux pouvoir entendre ce bruit alors taisez-vous et écoutez."
L'océan me manque déjà.

lundi 23 mai 2011

Je compte les heures qui me restent avant les vacances.... Plus tellement en fait. Je compte les punitions non rendues, les heures de colles non faites, les gamins qui auraient vraiment besoin d'un meilleur psy. Marre des "enfants fous" "attardés" ou autres "hyperactifs". A chaque cas je me rends compte que je n'ai vraiment pas de cœur. Surtout quand on me "casse les couilles". Leurs histoires de me tire pas une seule larme, contrairement à ma collègue qui est très sensible, trop peut-être. Moi je reste froide, neutre, glacée, j'ai une âme d'assistante sociale car rien ne m'émeut... En fait, je m'en fous d'eux. Même si c'est pas totalement vrai. Je pense qu'on est plus facilement émus par des gens qui nous ressemblent, auxquels on s'identifie. C'est ça le principe de la "compassion". Souffrir avec. Mais je ne me reconnais pas en eux. Moi je n'ai pas été élevée par une mère fatiguée et démissionnaire, mon père ne me tapait pas dessus, je n'ai jamais été en garde à vue et aucun membre de ma famille n'a fait de la prison... sachant qu'environ deux-tiers de nos élèves remplissent au moins un de ces critères, si ce n'est plus...
En revanche je me sens proche de la fille d'une de mes collègues, petite angoissée, stressée par l'école et ses camarades de classes qui sont des pestes, certainement intelligente, très réservée à l'école mais extrêmement bavarde en-dehors. Chaque semaine elle va voir une psy à l'autre bout de Paris. 80€ la séance, la vache... Moi je n'ai jamais vu de psy mais je me dis qu'à elle ça lui évitera peut-être de devenir une gothique anorexique et dépressive pendant quelques années... Ca lui évitera peut-être de parler toute seule et s'inventer une vie parallèle, de se rouler par terre en pleurs dans sa chambre parce qu'elle fait plus de 41 kg, de se taillader les bras, les jambes, d'avoir plus tard une tendance à se jeter sur l'alcool ou les joints pour réussir à supporter sa vie minable... Je l'ai rencontrée, cette fille. Apparemment je lui ai beaucoup plu, elle s'est peut-être reconnue en moi. Moi je parle à sa mère et tente de dédramatiser, tu vois, moi j'étais un peu comme ta fille mais bon, ça va quoi, je m'en sors bien (si on occulte quelques années et quelques détails sordides). J'ai envie de lui dire "Tu sais, un jour, ta fille arrêtera de te parler, de te raconter toute sa vie, un jour elle s'éloignera de toi, peut-être même qu'elle te haïra. Il faut que tu t'y prépares, ça te fera mal, mais ça va aller... C'est une fille intelligente et un jour elle arrêtera d'en souffrir."

dimanche 1 mai 2011

Des gens

"On t'aimeuh" a-ton ajouté sur l'ardoise de liste de courses figée sur mon réfrigérateur, en-dessous du dessin d'une bite et de "coke et dentifrice goût bière" ce soir. Devait-on être bourré, comme le "je t'aime" que j'avais moi-même écrit, complètement à l'ouest et sous l'emprise de drogue et d'alcool sur la planche que trimballait une fille qui allait de ville en ville...Ce soir on "fêtait" mon anniversaire chez moi, dans mon petit studio de banlieue parisienne. J'ai considéré comme un exploit le fait que j'aie réussi à réunir 7 personnes autour de moi, avec tous mes potes qui m'ont plantée au dernier moment. Oui, moi, l'asociale solitaire, ai réussi à réunir quelques personnes assises sur des poufs autour d'une table basse. J'ai décidé de donner un petit coup de pouce à ma vie sociale. D'un autre côté je suis tellement bien vautrée parmi mes moult coussins, poires et autres poufs devant mon écran de télévisions, à avoir une "soirée pathétique" comme l'appelle une de mes connaissances célibataire. Simplement, je suis bourrée, je suis contente d'avoir eu des amis réunis autour de moi, de la musique et de la bouffe. J'ai maintenant le hoquet mais je suis un peu fière. Je n'ai pas envie de me coucher, j'ai l'impression d'être éternellement en vacances. Je sens que ma vie va être intéressante. Toute seule. Avec des gens autour.