dimanche 24 août 2008

Tout et rien


Ça y est, j'ai fini par me résoudre à ranger tous mes cours, quoique ce terme est optimiste : il serait plus juste de dire que j'ai déplacé tous mes cours, d'un endroit à un autre, plus discret. En fait, j'ai simplement caché mon bordel...
Au départ j'avais vraiment l'intention de trier, de classer, et finalement je n'ai réussi à rien jeter. Au lieu de tout balancer aux vieux papiers, j'ai enfermé certains cahiers dans un carton sur lequel j'ai inscrit au crayon "Cahiers inutiles". Puis quand j'en ai eu marre de remettre les nombreuses feuilles volantes à leur place, j'ai tout ramassé, et empilé sur une étagère au fond d'un placard. Advienne que pourra.
Je parie que je n'aurai plus jamais besoin de tous ces "Cahiers inutiles" d'autant qu'ils contiennent de simples exercices et que je ne sais même pas où j'ai bien pu fourrer tous les énoncés correspondant. Ailleurs en tout cas.
Bientôt, je déménagerai. Dans à peu près un an, si on me valide mon stage, je serai probablement nommée en région parisienne. Ou ailleurs. Fini le bus, la maison des parents. Hier j'ai croisé S. à une terrasse de bar. Alors que je m'apprêtais à filer, il m'a lancé "c'est marrant, t'as toujours un bus à prendre". Lui qui a onze ou douze ans de plus que moi et son propre appart depuis longtemps est bien loin de tout ça, comme devoir être à la maison à l'heure des repas...
Avant d'atterrir sur cette terrasse, avant que le soleil réapparaisse, je me baladais en ville, une main brandissant le parapluie au-dessus de ma tête, l'autre serrant mon petit sac à main contre mon flanc gauche. J'attends un message qui ne vient pas. Et comme il ne vient pas, j'ai du temps à perdre avant de savoir où et quand je vais pouvoir le retrouver, l'autre là, l'ex. Instinctivement, je flâne du côté de la fac. J'ai parcouru ce chemin des centaines de fois, qu'il vente, qu'il neige, qu'il pleuve, en suant à grosses gouttes ou en grelottant de froid, en fumant une cigarette ou en mâchouillant un chewing-gum. Toujours à pieds alors que j'aurais pu prendre le tram, afin d'effectuer ma demi-heure de marche conseillée par jour. A une époque j'ai cru que ça m'aiderait à perdre du poids, ensuite je le faisais simplement par plaisir, ça me détendait et me réveillais. Et j'aimais passer devant l'école des Arts décoratifs, parce qu'il y a toujours des étudiants ultra lookés et que là-bas le pourcentage de beaux gosses était bien plus élevé qu'à la fac de physique.
En parlant d'artiste, un type chevelu et barbu me croise à vélo. J'affiche un sourire narquois à la vue de sa veste en velours côtelé verte, son chapeau, et son pantalon râpé. Peut-être l'a-t-il remarqué car trois minutes plus tard, il me dépasse cette fois, se retourne tout en pédalant et me lance un grand sourire, manquant de heurter des passants. Cette fois, je le snobe. Je n'ai pas de temps à perdre aujourd'hui, puisque je suis, aux dernières nouvelles, toujours supposée boire un verre. D'ailleurs cette situation m'exaspère, je sors mon portable toutes les cinq minutes du sac. Lorsqu'il est tout contre moi, je ne sais pas si c'est mon ventre qui gargouille ou le portable qui vibre.
Lui il s'en fout que j'attende. Pendant plus d'un an j'ai passé mon temps à l'attendre, à poireauter, à trépigner devant chez lui, j'ai même dû attendre dans une autre pièce qu'il emballe vite fait mon cadeau d'anniversaire.

Tout s'est précipité d'un coup. Quelques jours sont passés. Je sirote une sangria dans un bar branchouille, musique mexicaine ou chaispasquoi à fond, et je hurle pour me faire entendre de ma voisine d'en face. Quant à moi, je comprends un mot sur deux. J'aime mâchouiller les morceaux d'orange mais à cause de l'interdiction de fumer, je ne peux plus jeter les écorces dans un cendrier.

"
Je sais où je vais" comme dirait Arnaud Michniak. Et ça me coûte 143€ les cinq aller-retours. Comme j'en fais au moins deux par semaine, je n'ose même pas calculer combien il me restera de thunes à la fin du mois...
J'ai les pieds dans les starting blocks mais je regarde encore le sol, je compte les petits graviers par terre comme pour ne pas penser au départ de la course. Je connais la date, l'heure, je relève la poitrine et mes genoux ne touchent déjà plus la piste, tandis que je remplis encore mon verre de ce liquide rouge et poisseux. Pourtant, impossible de faire marche arrière. J'écoute des étudiants de mon âge parler de leur voyages au Mexique, en Afrique du Sud, à Berlin, en Espagne, en Italie, raconter leur séjour Erasmus et toutes leurs soirées folles, alors que je me demande s'il y aura de la craie dans les salles ou s'il faut que j'en achète.
Étudiante, on m'avait pourtant dit "profite".

vendredi 15 août 2008

Le dormeur

Lorsqu'on ne dort pas assez, on saisit à peine la moitié de ce qui nous arrive. Globalement, j'aime cet état de quasi somnambulisme, cette façon d'accepter que les heures, les jours filent à la vitesse grand V sans jamais essayer de se raccrocher à un quelconque indicateur de temps. Je ne suis même pas sûre de savoir quel jour on est, ni quelle date : je sais simplement qu'on est dans les environs de mi-août, et qu'il ne me reste plus beaucoup de temps pour profiter de mes vacances. Seul notre estomac nous indique quand nous nourrir, le "midi" est alors un concept dépassé.
Je sais qu'il me manque des heures de sommeil, que je ne suis bonne qu'à grossièrement éplucher quelques pommes
de terre, bonne qu'à passivement attendre que le temps passe.

Improviser, vivre au jour le jour sans se poser de questions... toute forme d'anticipation quelconque a été bannie de ma vie depuis ce dernier mois. C'est ainsi qu'hier j'ai organisé un barbecue pour 7 personnes chez mes parents, qui a duré jusque tard dans la nuit, et que ce matin à 11h j'étais confortablement assise dans un fauteuil de cinéma à attendre que le film Batman commence, aux côtés du fameux mec parfait déjà maqué. (Ca c'est bien moi de n
'aller au cinéma en tête à tête qu'avec des mecs non célibataires...) A cause de la fatigue, je ne lis pas tous les sous-titres, et je dois avouer que je n'ai pas tout suivi depuis le début... Mais sa présence, sa putain de présence qui remue encore et toujours le couteau dans la plaie me réconforte néanmoins.
Lorsqu'on croise deux personnes qu'il connaît, je ne peux m'empêcher de penser qu'ils pourraient croire que je suis sa copine, et cette pensée me réjouis quelques secondes, avant que je redescende lour
dement sur terre. J'ai honte d'être aussi puérile, et de me raccrocher comme ça à de simples fantasmes. Pourtant, j'avais cru réussir à me raisonner. Ce jeune-homme n'est de toute façon entouré que de filles tellement il est adorable et doux, et il a fini par en choisir une et une seule dont il semble amoureux. Non. Il ne "semble" pas, il faut que je me dise qu'il est amoureux d'elle, même si je n'ai pas de preuves. Je perds mon temps à attendre là, en embuscade, le premier signe de faiblesse de sa part, les premières disputes qui ne se sont pourtant jamais produites. J'ai l'impression d'agir avec lui comme si c'était un animal apeuré que je voudrais domestiquer. D'abord l'approcher, de loin, puis l'habituer à ma présence jusqu'à ce qu'un jour il accepte de manger dans ma main. Viens par ici, gentiiiiil.
En sortant du cinéma, encore dans le film, il a brandi son parapluie et m'a lancé "tu veux que je te sauve la vie ?" "Non, ça ira merci". Je pense "Finalement, heureusement que je ne suis pas ta copine Bruce, sinon je ne donne pas cher de ma peau" (pour ceux qui ont vu le film).
Je ne donne pas cher de ma peau car je serais complètement dingue de lui, avant de me rendre compte qu'il est finalement très banal. Je choisis souvent comme ça. J'aime les extrêmes, je passe du tac au tac d
es bad boys aux sain(t)s irréprochables.

J'ai une préférence pour les doux rêveurs comme moi qui ne savent pas ce(lles) qu'ils veulent. Je m'attache trop souvent aux girouettes. Car avec eux, on sort d'une histoire comme d'un rêve : on ne distingue plus nos vagues mais belles intentions, fondées sur des "si", des faits accomplis tellement on en a eu des projets et des "un jour"... On a alors trop dormi ou pas assez, on se demande si tout ça a bien été réel, on a la gueule de bois, on saisit à peine la moitié
de ce qui nous arrive. Et après on est bons qu'à grossièrement éplucher quelques pommes de terre, bons qu'à passivement attendre que le temps passe... jusqu'aux prochains "un jour, on le fera".


vendredi 8 août 2008

Attente entre un trottoir et un bar


J'ai les fesses sur le trottoir, les pieds dans le caniveau, et mes mains soutiennent mon menton, les coudes vissés sur les genoux. Mon dos est voûté comme à son habitude, je n'ai jamais su me tenir droite. Je suis donc assise sur le trottoir devant la maison et j'attends. J'attends que les minutes s'égrainent, que cette longue après-midi d'été tire sur sa fin, qu'il se passe enfin quelque chose. Je me souviens qu'il y a de nombreuses années (je devais être à l'école primaire) j'étais exactement dans la même posture, comme ça sur le trottoir à attendre. Sûrement qu'à l'époque je n'aimais pas les "grandes vacances". J'avais envie d'être une jeune fille, j'avais envie qu'il se passe enfin quelque chose...dans ma vie.
Maintenant je me contente de regarder passer les voitures, je préfère ne plus penser à tout ça. Et j'attends toujours. Je ne sais pas quoi, et je commence à trouver ça un peu longuet. On dirait que j'attends que le prince charmant débarque à vélo, ce qui est totalement ridicule puisqu'en fait il s'est déjà pointé ici la veille à l'improviste. Mais il est bien vite reparti.

Je repense donc à la soirée dernière. J'avais rendez-vous vers 21h30 avec L. qui est arrivé avec son quart d'heure habituel de retard. Avec le temps j'ai appris à ne plus attendre fébrilement les retardataires. Je ne sais pourquoi, ça me met tant mal à l'aise d'attendre seule quelqu'un.
A l'époque, un peu plus timide, je n'osais pas entrer dans un bar et faire le tour des tables à la recherche de quelqu'un. Sûrement la peur de ne pas voir cette personne et d'être ridicule. Jusqu'il y a encore peu, je me démenais pour faire croire que je venais juste d'arriver alors que ça faisait dix minutes que j'étais sur place. Je me planquais derrière un arbre, ou au coin de la rue, il m'arrivait même de revenir sur mes pas, m'éloignant du lieu de rendez-vous pour mieux pouvoir guetter au loin la personne. Comme par hasard j'arrivais pile quelques secondes après elle. Je me revois parfaitement faire plusieurs aller-retour dans la même rue, comme pour recommencer encore et toujours mon entrée sur scène jusqu'à ce que j'aie enfin un public. Maintenant je suis lasse de trépigner, et je me pose simplement à la première table venue, l'air le plus désinvolte possible.

Sur le chemin qui menait de ma voiture au bar, mes toutes nouvelles Dc Martens bordeaux couinaient, les passants marchant devant moi pouvant ainsi s'écarter au son des "scouiiic scouiiic" qui accompagnaient ma marche énergique. La soirée était agréable, ni trop chaude ni trop fraîche, à l'image de la bière que je sirotais en terrasse en compagnie de mes amis. Tout à coup, des jeunes gens arrivent, un brun ténébreux s'assoit en face de moi, seule place qui restait en terrasse, avant de tourner sa chaise en direction de la table voisine. Je crois qu'il m'a souri. Son visage m'est familier, mais je n'arrive pas à savoir où je l'ai vu. Tandis que je continue à papoter avec mes amis, je le regarde, et au fur et à mesure, des accessoires et un contexte refont surface depuis les tréfonds de ma mémoire. Je distingue le jeune-homme avec un foulard autour du cou, une basse entre les mains, je perçois même un hublot dans le coin gauche du tableau que mes souvenirs reconstituent. Ça y est, j'y suis presque... Ne me manque plus que le nom de son groupe.
Son groupe....
À regarder autour de moi je constate soudain que tous les visages me sont familiers ici. Normal, tout le monde (sauf moi) fait partie d'un "groupe". Lui c'est le chanteur de Machintruc, et elle là-bas c'est la guitariste de Chosebidule. J'ai par conséquent quasiment l'impression d'être une loseuse, avec mon Bac+4 et mon boulot à vie : l'éternel complexe de "l'intello". Je sens presque quelque chose m'échapper, cette désagréable sensation, cette peur de ne plus faire partie du doux monde des nocturnes qui m'autorisait les fins de soirées déglinguées. Je crains avec le temps de devenir sérieuse et chiante. Une larme d'alcool de trop et mon humeur est à présent chagrine.

Me revoilà sur mon bout de trottoir, à contempler les graviers. Le ciel s'est assombri mais j'ai maintenant très envie de bouger, agir, me défouler sur quelque chose. Je promène mon regard aux alentours et aperçois des feuilles brunes de part et d'autre de mes fesses dodues nourries tous les jours à la glace à la vanille. Je me lève donc dans un ultime effort, et pars à la recherche d'un bon vieux balais.
Il est temps d'en finir avec toutes ces feuilles mortes.


jeudi 31 juillet 2008

Scandales


En m'engageant sur la bretelle d'autoroute, je prends conscience que ça doit bien être la millième fois que je conduis cette voiture pour sortir en ville, aller dans un bar, voir des gens, boire des coups... Il est environ 20h45, le soleil couchant diffuse une lumière qui
m'aveugle dans le rétroviseur.
Comme d'habitude, à vouloir trouver une place de parking proche de mon lieu de rendez-vous, je finis par t
otalement me paumer dans le quartier, et me gare n'importe où, pour arriver avec une bonne vingtaine de minutes de retard. Qui a dit que le mieux était l'ennemi du bien ?

Je retrouve mon "amie Sciences-Po" que je vois traditionnellement deux-trois fois par an, pour les vacances de Noël et celles d'été. Je l'ai connue au lycée, et déjà à l'époque, son obsession pour les cancans et les ragots m'irritait. J'ai fini par m'y habituer, et même par me prendre au jeu, guettant ses yeux qui grandissent et pétillent, sa bouche qui s'entrouvre lorsque je fais mine de lui confier un "secret". Car évidemment, si on veut que quelque chose reste confidentiel , c'est la dernière personne à informer car il lui faut à peine quelques jours pour répandre une rumeur. Et c'est sans exagérer, étant donné que mademoiselle la pipelette connait des centaines de personnes et que ça fait des années qu'elle entreprend de tisser sa toile à travers la ville. Cette fille ne se nourrit que de potins, et elle est toujours affamée.
On rejoint son frère et ses amis dan
s un bar. Ils me félicitent, puis on commande un verre avant de se dénicher une table.
Le garçon à côté de moi est très bavard, j'écoute ce qu'il raconte d'une oreille distraite. Ni son frère ni ses amis ne prêtent vraiment attention à nous. Bien qu'ils soient à peine plus âgés que nous, je sens une espèce de condescendance envers nous dans leurs propos. Cette désagréable impression m'interpelle, car je sui
s très habituée à fréquenter des trentenaires. D'ailleurs à y réfléchir, à part mes amis de fac ou de lycée, tous les autres sont trentenaires. Je suis donc étonnée d'être mal à l'aise avec eux, alors qu'ils n'ont que trois ans de plus que moi.
Je m'ennuie. Ils ne font que parler de leurs pseudos conquêtes. Mon amie est aux aguets. Elle lance des "rooooooooh" et des "Ohlalalaaaaaaa". Avec une certaine déception, je me sens
soudain très éloignée d'elle et de tout son univers superficiel, et j'ai l'impression d'être plus vieille que je ne le suis.
Elle commence à lancer des rumeurs sur son frère. Elle le fait passer pour un véritable tombeur. Un de ses am
is enchaîne, il commence une histoire qui a l'air fort croustillante. Enfin, je tends l'oreille.
Il nous raconte donc comment une nuit ils ont organisé un cache-cache dans la faculté de physique (faisant partie de l'amicale, ils en possédaient les clefs). Il se promenait donc dans
les couloirs, à la recherche de son camarade, et eut l'idée de regarder dans l'amphithéâtre principal. Il nous fait comprendre qu'il a surpris son ami avec une fille. Amusée, je demande des détails. Après plusieurs sous-entendus, il avoue enfin qu'il avait vu...... tenez-vous bien.... la fille qui tenait le bras (!!) de son pote.
Incroyable. J'étais déjà en train de m'imaginer la nana à poil accroupie sur le bureau, éclairée par le rétroprojecteur, avec le pendule de Foucault* dans le cul, mais je suis sûrement un peu trop tordue.

En tout cas, je ne les comprends pas. Quelque chose doit m'échapper... Toute la soirée continuera ainsi. Des scandales fondés sur des regards, des paroles. Je réalise enfin que depuis des années, cette fille se fout de ma gueule. Elle qui me racontait qu'elle "sortait' avec plein de mecs, devait en fait à peine leur avoir effleuré la main à une soirée. Je suis choquée, et me sens de moins en moins à ma place. Je regarde mon "amie" et c'est la première fois que je visualise mentalement ces guillemets. Leur discours me fait penser à des couvertures de Voici ou de Paris Match : "Scandale ! Une terrible épreuve ! Drame ! Des morts ! " pour des clopinettes.

Pour une fois ces gens boivent beaucoup plus que moi, ils en sont à leur troisième pinte lorsque je finis à peine mon demi. Ce soir, j'ai décidé par fierté d'être plus raisonnable qu'eux. Quelque part, leur normalité me fait peur. Pour eux, c'est la débauche totale que de boire des coups dans un bar. Je ne sais pas si j'ai envie de rire ou de pleurer. Alors qu'ils fantasment au sujet de leur quatrième scandale bidon, j'ai envie de hurler, de leur cracher qu'il y a deux ans j'ai accompagné des types chez un dealeur afin de chercher la coke qui ferait passer la descente de LSD de mon mec. De leur crier qu'il y a des choses plus graves dans la vie qu'une nana saoule qui caresse le visage de leur pote. J'ai envie de leur raconter qu'un type de cinquante ans et pété de thunes m'a clairement fait des avances dans un café, et que j'étais à l'époque tellement mal que j'ai hésité.
Au lieu de tout ça, j'ai sagement fini mon demi, et je me suis barrée. Il n'était même pas minuit.


Je sais ce qu'ils se sont dit : ell
e c'est vraiment une gentille petite fille modèle : troooop naaaaze !


*Le pendule de Foucault, c'est simplement un énorme pendule (c'est-à-dire un objet (généralement en forme de boule un peu allongée) assez lourd suspendu à un long fil costaud). L'expérience consiste à faire osciller le pendule assez longtemps pour constater au bout de quelques heures qu'il n'oscille plus dans le même plan (sa trajectoire tourne, il ne suit pas une seule ligne sur le sol) . C'est une conséquence de la rotation de la Terre sur elle-même.
Dans notre fac on en trouve un qui est suspendu juste sous le toit, le câble pend dans la cage d'escalier, et il oscille au niveau du sous-sol, t'imagines la bestiole ! Ça doit donc faire sacrément mal au fondement...




samedi 26 juillet 2008

Un coup

  • "Salut ! Si t'es libre ce week-end, on peut peut-être boire un coup, ou pédaler un coup à travers la campagne, ou tirer un coup..."

Non, je ne peux quand même pas lui écrire ça... Il va s'enfuir en courant, le pauvre, et ce n'est pas vraiment ce que je veux. Mais qu'est-ce que je veux au juste ? J'essaye de me convaincre que je ne veux rien, que je ne dois rien attendre de ce nouvel ami qui est de surcroît déjà pris. Mais malgré tout, mes pensées me ramènent toujours à lui. C'est de la pure torture.
Je ne sais plus quoi faire : si je le vois, il est tellement gentil que ça me fait du mal de le savoir rejoindre les bras de quelqu'un d'autre, et si je ne le vois pas, je me languis de lui. Alors je me répète en boucle "c'est un ami, c'est un ami, c'est un ami, ouiiiiinnnnn c'est seulement un ami, c'est un ami...." avant de me forcer à penser à autre chose.

  • "Salut ! Si t'es libre ce week-end, on peut peut-être se voir pour que tu me dises clairement qu'il n'y a rien entre nous, je t'assure que ça me rendrait service"

Bordel.

  • "Salut le sportif ! Si t'es libre ce week-end tu peux peut-être passer chez moi, pour faire du vélo ou se balader à travers champs (ne t'en fais pas, je n'ai pas l'intention de te violer entre les maïs)"

Non plus, c'est pas possible, je ne peux pas me contrôler deux minutes.... Même mes SMS se barrent en couilles. Encore un message que je n'enverrai pas, ni n'enregistrerai dans les Brouillons.
C'est désespérant. En plus, si je le harcèle il va se douter de quelque chose. En même temps, si je ne le relance pas, ce n'est pas lui qui fera spontanément un saut chez moi, même si je lui ai dit une bonne centaine de fois "Mais quand tu veux, y a pas de soucis, tu passes à la maison, c'est cool, nickel, top super méga génial (épouse-moi)".

J'ai l'impression que je fais des efforts, mais que je n'ai aucun retour. C'est comme pour mon prof de fac : dans l'enthousiasme de l'après résultat du Capes, j'ai enfin trouvé l'inspiration que je n'avais pas eue précédemment pour signer son livre d'or, et je lui ai donc écrit un très long mail élogieux et je dois l'avouer, plutôt bien torché. J'en étais assez fière, et j'ai mis un bon moment à le corriger et le peaufiner. Tout ce qu'il a réussi à me répondre c'est "Merci pour ton petit mot : il est très sympa et plein de bon sens. Bon vent pour la suite"

Génial ! Ohlala quelle joie d'apprendre que je suis "pleine de bon sens" ! Mais ça veut dire quoi ça, merde ?! C'est horrible... Plus insignifiant tu meurs, ce genre de compliment ça me donne juste l'envie de me tirer une balle dans la tête.

Lui aussi, il trouve que je suis une fille sympa et pleine de bon sens ? Après toutes ces heures à marcher en ayant des conversations tantôt profondes tantôt surréalistes, tout en étant souvent intimes, je pense plutôt qu'il a compris que ça ne tournait pas bien rond quelques fois. Ça doit être ça qui l'a poussé à chercher ma compagnie au début, quelque part je devais l'intriguer.
Mais parfois j'ai peur de l'effrayer avec mes foutues théories, mes paroles insatiables, mes mots, ma logorrhée éternelle et incohérente. Souvent, quand je sens que je vais trop loin, je m'interromps pour m'excuser. "C'est rien, t'es dans ton délire"
Et tout est résumé.
Je suis dans mon "délire". Et ça me bouffe la vie.


mardi 22 juillet 2008

Rideaux

Qu'est-ce qu'il y a de plus pénible qu'avoir une gueule de bois ?

>Avoir une gueule de bois et devoir repasser quelque chose comme 20m² de rideaux en acrylique.... Des fois je me passerais bien du côté maniaque de ma mère.

dimanche 20 juillet 2008

Victoire

Bon ben voilà... Je l'ai, mon concours.
Oui, je sais, j'avais dit que c'était foutu, mort, impossible, infaisable, complètement foiré, trop dur, pas pour cette fois, jamais de la vie, hautement improbable etc... Mais une fois de plus je me suis trompée. Depuis le lycée je "rate tout" et je réussis finalement tout. C'est très irritant pour les personnes qui m'entourent. D'autant que je les bassine bien avec mes pseudos échecs.
Mais tout est bien qui finit bien.
Champagne.

Je l'ai appris une fois de plus par téléphone. Il était quelque chose comme 19h, S. m'appelle pour me proposer un cinéma. Je lui demande si ça va, il me répond "ben, mouais". Je lui demande de préciser, pourquoi "mouais" ? Il me répond que mouais parce qu'il n'a pas le Capes, et ajoute qu'il a vu mon nom sur le site.

Blanc.
Je retiens ma respiration, tout va très vite, des frissons, aux papillons dans le ventre, à la bouche ouverte incapable de prononcer un mot. Première idée : c'est impossible. Les résultats sont prévus seulement dans cinq jours, je ne peux pas l'avoir, je me suis plantée à l'oral, il me fait une blague.

-Allo ? Tu m'entends ?

Blanc.
Non, quand même, c'est trop gros, il ne me ferait pas une blague aussi cruelle. Me faire croire qu'il a raté passe encore, mais me faire espérer que je l'ai c'est impossible, il n'est pas aussi sadique ni aussi stupide. Mais alors c'est vrai ? Non ce n'est pas vrai, il ment.

-Allooooo ?

Les idées se bousculent dans ma tête. J'évalue la situation, je dois avant tout garder mon calme, et gagner du temps... Je prétends que je l'entends mal, lui demande de se déplacer. En attendant je saute sur l'ordinateur, je n'écoute déjà plus ce qu'il me raconte au téléphone. Je dois faire vite, en avoir le cœur net : le site est dans les favoris et mon numéro d'anonymat a été mémorisé par l'ordinateur. En à peine quelques secondes une nouvelle fenêtre s'ouvre. J'ai la gorge sèche, mais ça ne m'empêche pas de déchiffrer et d'interpréter les trois mots qui s'affichent Vous Êtes Admis(e). C'était donc vrai.

-Et là tu m'entends ?

Je prends une grande bouffée d'air, j'ai envie d'exploser de joie, mais je suis toujours au téléphone avec quelqu'un qui a échoué. Je ne sais comment j'arrive à me maîtriser, mais je parviens à faire comme si de rien n'était, et tente de consoler mon interlocuteur, avec le ton le plus neutre possible. Je range mes émotions dans un coin, on convient d'une heure et d'un lieu de rendez-vous comme d'habitude, puis je raccroche. Abasourdie, je re-consulte le site, vérifie qu'il ne s'agit pas d'une erreur. Ce sont maintenant les émotions qui se bousculent, l'incrédulité, la surprise, le soulagement, la joie, l'angoisse face à l'inconnu, le bouleversement de mes projets, la fierté enfin...
Durant la suite de ma soirée, j'ai essayé de réaliser ce que cette réussite implique, mais ne voulant pas de suite céder à la panique, je me suis contentée de savourer cet instant, avant de redescendre de mon nuage.

Je l'avais oublié. Lui qui redouble ne l'a pas, alors que je l'ai réussi du premier coup. Il est triste, il me fait de la peine. Ses yeux habituellement pétillants sont ce soir emplis de mélancolie, son visage ne reflète aucune émotion autre que l'amertume.
Il me raccompagne à ma voiture, comme la dernière fois nous marchons de nuit. Mais aujourd'hui il n'est plus attentif à moi, il ne lève pas son bras en bouclier pour m'empêcher de traverser alors qu'une voiture déboule. Il ne veille plus sur moi tel un ange gardien. Pensif, lunatique, il n'arrive pas non plus à se décider, il hésite à me rendre visite le lendemain : une fois oui, une fois finalement non. C'est à moi de trancher, je décide que ça sera non. J'imagine qu'il a envie de s'isoler.
Je ne suis pas forte pour consoler les gens, je n'ai pas le contact facile : je suis incapable de prendre naturellement une personne dans mes bras, incapable de l'inviter à pleurer sur mon épaule. Tout ce que je sais faire, c'est tendre un verre rempli d'une substance alcoolisée à quelqu'un de malheureux. De plus, je suis fort maladroite lorsqu'il s'agit de trouver les mots appropriés. C'est frustrant d'être capable de coucher des centaines de phrases sur papier (ou plutôt sur écran) mais d'être inapte à l'expression orale des sentiments : excuse-moi.

Je préfère le silence. Je dis que je comprends qu'il ne soit pas bavard en de telles circonstances, je tente un brin d'humour. On est arrivés à ma voiture. Bon...
C'est à moi de trouver quelque chose à dire. Spontanément, j'ai envie d'au moins lui toucher le bras ou lui frotter affectueusement l'épaule, mais il est en retrait, et j'ai peur que mon geste soit maladroit. Je finis par lâcher quelques pudiques paroles que j'espère réconfortantes, mais je le sens très mal à l'aise. Je l'ai déjà vu pleurer il y a quelques semaines, et j'ai l'impression qu'il a ce soir encore les larmes au bord des yeux, donc pour lui rendre service j'abrège et lui souhaite néanmoins de passer une bonne nuit tout en ouvrant la portière.
Il esquisse alors un sourire, avant de me tourner le dos.



dimanche 13 juillet 2008

Cauchemar

Gare de l'est, métro, hôtel, pizza, hôtel, dodo.

Petit déjeuner, révisions, salade, café serré, RER, réunion au lycée, RER, sandwich, hôtel, révisions.... pas de dodo.

C'est là que ça se corse. La pire nuit de ma vie. Un véritable cauchemar. Quoique pour cauchemarder, il faut déjà dormir. Et ce n'était pas mon cas.
Pourtant, je n'avais pas l'impression d'être stressée. Mais il est 23h et je n'ai pas sommeil. Puis il est minuit et je n'ai toujours pas sommeil. Là je commence à m'énerver, je me vois déjà fatiguée pour mon épreuve du lendemain. J'allume la télé, il est 01h, puis 02h. J'éteins la télé et me concentre sur la fatigue. J'essaye de contrôler mon cerveau, de lui faire croire que je suis épuisée. Je suis tellement aux aguets, prête à sauter sur la moindre envie de dormir que je finis par être totalement à cran. La situation devient de plus en plus critique. Ma montre indique 3h du matin et mes yeux refusent à présent de se fermer.
Je me lève du lit, vais à la fenêtre, replonge sous les draps, cherche la position la plus propice à l'endormissement, ne bouge plus et attends. Il est maintenant 3h30. Je tente de contrôler mes pensées, de me forcer à rêver. J'invente donc des histoires invraisemblables, espérant que mon cerveau se croira dans un rêve et que mon inconscient prendra le relai. En vain...

D'habitude, il suffit que je fer
me les yeux pour m'enfoncer, mais là c'est inutile. Alors je guète le rêve, je guète le passage à l'autre monde, j'essaye de lâcher prise, mais c'est un cercle vicieux que de penser "ne pense plus à rien".
Il est 4h00 du matin et je n'ai toujours pas dormi la moindre minute. J'ai entrepris de m'auto-endormir et c'est un cuisant échec : j'en suis arrivée à me caresser moi-même la tête et les cheveux et murmurant "chu
uuuut" mais mes paupières se soulèvent toutes seules. Je me relève donc, à la recherche de mon foulard que je noue autour de mon visage pour me bander les yeux, me préparant pour un Colin-Maillard avec mon pote le sommeil.
Ça y est, il est 4h30. Je sais pertinemment que je suis incapable de décaler mon rythme et que quoiqu'il arrive je me réveillerai entre 07h et 08h le lendemain... Je prends conscience que "le lendemain" c'est dans trois heures. Prise de colère, je me dis "ça suffit maintenant ! Tu vas t'endormir oui ou merde ?!". J'ôte mon bandeau des yeux, il me gène, et pousse de gros soupirs entre deux bâillements
. Je regrette de ne pas avoir emporté de somnifère, et encore plus d'avoir pris un café dans l'après-midi. J'enfonce avec désespoir mon visage dans l'oreiller, me tourne et retourne dans le lit, m'interdisant à partir de cet instant de regarder l'heure.
Je suis frustrée, je sais que ça ne sert à rien d'attendre qu'il se passe quelque chose, pourtant je ne peux m'empêcher d'être aux aguets.


Ce fut une nuit épouvantable, flottant entre deux états, le conscient à la recherche désespérée de l'inconscient. Je me réveillerai le lendemain à 7h30, aurai mon épreuve à 15h, épreuve que je planterai lamentablement, offrirai un spectacle pitoyable et donnant l'image d'une candidate confuse, bafouillante, hésitante, presque au bord des larmes devant un jury n'arrivant pas à me faire dire ce que je sais, car dans cet état je ne saurai malheureusement plus rien.

samedi 5 juillet 2008

Pariiis

C'est parti pour l'aventure parisienne.
Je ne suis absolument pas au point, et pourtant il va falloir que je défende mes "chances" devant un jury impitoyable.
On va bien rigoler....

jeudi 3 juillet 2008

Dans les nuages

Ce ne sont même plus des volutes de fumée, c'est un véritable nuage qui s'élève dans les airs au-dessus de ma tête. Un champignon atomique aux puissantes senteurs suspectes. Il est 11h40 et il y a cinq minutes j'étais angoissée, d'ici vingt minutes ça devrait s'arranger. Je n'arrive pas à me concentrer.
En relisant mes cours, je venais encore de m'apercevoir que j'ai fait des erreurs. Comme pour enfoncer le couteau dans la plaie, j'ai ressorti le sujet de dessous une pile de papiers brouillons raturés, griffonnés, où s'étalent des formules, des schémas, des flèches. Les parenthèses dansent devant mes yeux, les numérateurs se superposent aux dénominateurs, je n'arrive pas à fixer mon regard sur une ligne de calcul sans que celle-ci se dérobe. Je fourre donc le tout dans la corbeille, saisis le sujet, l'ouvre à la bonne page, et, le cœur battant, constate une fois de plus que je me suis gourée. J'ai répondu totalement à côté, j'ai confondu... Remarque, je savais que je n'étais pas au point à l'époque. Avec une curiosité malsaine, comme pour en avoir le cœur net, j'en profite pour tourner d'autres pages, relire d'autres questions, les trouver maintenant d'une évidence presque enfantine, consternée devant ma propre bêtise. Comment ai-je pu répondre à côté ? Je crois que c'est l'angoisse, la panique, le manque de pondération. Je me revois encore parcourir avec fébrilité le sujet, sauter des lignes, tourner violemment les pages, cherchant désespérément des données qui figuraient pourtant dans l'en-tête que j'avais omis de lire, flanquant ma trousse par terre, perdant des morceaux de brouillon, rajoutant une troisième couche de Typex sur la même ligne, gravant une dernière version au Bic bleu... Ce putain de stress qui fout tout en l'air, qui m'empêche de travailler sereinement et efficacement.
Alors je me réfugie dans des volutes qui ne ressemblent à rien. Comme ces heures de travail évaporées, toujours le même incendie amorcé par l'angoisse et entretenu par la panique.

La fumée tourbillonne et mon angoisse s'envole, entraînant aussi toute mon énergie dans son élan pour laisser la place à la lassitude.
Quand on est un peu défoncé on devient tendre. Je regarde d'un œil vide mon portable, et envisage d'envoyer des messages dans les airs. Seules des ondes électromagnétiques sont capables de percer ce voile de nuages car je n'ai plus la force de le disperser... Des phrases, des mots comme on est capable d'écrire avec mélancolie, des "j'ai envie de te voir". Et puis finalement non. Encore trop lucide pour ça.
Je m'écroule dans le fauteuil à côté de la fenêtre et regarde les nimbus et les cirrus. Besoin d'agir mais trop assommée pour ça, je me relève avec effort pour m'étaler deux mètres plus loin dans mon lit.
J'ai vraiment envie de le voir. Mais pas avec eux, juste nous deux, je n'ai pas envie de te partager, je suis trop égoïste pour ça.

F. me reprochait de "fractionner" mes amis et relations, de ne pas les mélanger. Lui il adore réunir tout le monde, faire se rencontrer des gens, moi non. J'aime trop me faire chouchouter, j'aime qu'on s'occupe exclusivement de moi, qu'on ne parle qu'à moi, je ne veux pas être perdue parmi un tas de personnes dans un brouhaha ambiant. Je m'arrange donc toujours pour quitter un rendez-vous pour un autre, tout recommencer pour encore revivre la rencontre, multiplier les bises, les quoi de neuf, les comment tu vas, et remettre le compteur de bières commandées au bar à zéro.
Je préfère donc que tu ne les voies pas encore, je veux te garder pour moi toute seule encore un peu, avant que F. ne te mette le grappin dessus l'an prochain quand il aura rejoint notre promo. J'aimerais pouvoir te voir sans qu'il nous rejoigne, sans qu'il "s'incruste" avec ses gros sabots, lui qui trouve tellement naturel de tout partager, tout vivre ensemble.
Je ne veux pas exister "ensemble".

Je finis par chasser la fumée, balayant l'air de gestes amples avant de me résoudre à ouvrir la fenêtre malgré la chaleur de ce midi. Je n'ai d'ailleurs pas très faim.

Je passerai tout l'après-midi dans un état d'errance pitoyable, essayant de travailler malgré mes neurones embrumés, devant attendre 20h avant de retrouver un peu d'énergie. Mais à quoi ça sert d'avoir de l'énergie pour aller se coucher ?



>C'est une photo un peu retouchée que j'ai prise alors que mon appareil rendait l'âme...<

samedi 28 juin 2008

Manipulations


C'est quand j'ai commencé à trouver ce mec en train de manger une paëlla à la terrasse du Resto U carrément sexy que j'ai pris conscience que j'étais sérieusement en manque d'affection.
Je suis presque devenue une pile électrique, prête à sauter sur tout ce qui bouge et qui n'est pas à côté d'une belle blonde, ou sur toute belle blonde qui n'est pas à côté d'un beau brun, chose plutôt rare en ces temps qui courent.
La dernière fois, je me suis pourtant entrainée à aborder un mec, mais c'était pas compliqué, pour une fois il était encore plus timide que moi. Et comme c'était le bassiste du groupe qui venait de jouer et qu'on était cinq dans le public, j'ai profité du fait qu'il était tout seul dehors pour lui faire la causette. De plus, je voyais bien qu'il me regardait du coin de l'œil depuis un moment sans oser me parler, alors j'ai pris les devants. Puisqu'il n'est pas de la région, je ne risquais pas grand chose. On a quand même plus ou moins échangé nos adresses mail (je dis plus ou moins car en fait je lui ai dit que je laisserai un message sur leur page myspace comme on fait quand on est super à la mode). Pendant deux semaines on s'est écrit de temps en temps, et depuis presque un mois, plus de réponse... Flûte alors.

Il y a des gens qui interprètent tous les
regards qu'on leur lance comme des invitations à la débauche. Moi non, ou plutôt, je saisis ça comme une invitation à la rêverie et me fais des films dans ma tête, me demandant si ça pourrait être le thème d'un message sur ce blog, imaginant les belles phrases spirituelles que je pourrais écrire, tout en passant mon chemin.

Il faut dire que ça remonte peut-être à mon
adolescence ingrate, et ces années passées avec pour visage le reflet d'un champ de bataille digne de la première guerre mondiale, terreau où s'épanouissaient allègrement des dizaines et dizaines de boutons gorgés de sébum et prêts à éclore. J'étais une exception parmi ces jeunes filles à la peau fine et impeccable que venait parfois "défigurer" un petit point noir. Et quand je dis champ de bataille je n'exagère pas, car bien entendu je m'acharnais dessus : je les "manipulais" comme disait avec un euphémisme emprunt de pudeur la dermatologue que j'ai fini par consulter après des mois de désespoir. Toujours est-il que malgré mes tentatives pour me cacher derrière mes cheveux, je ne pouvais m'empêcher, lorsqu'il m'arrivait de croiser le regard de passants, de penser (sûrement à raison) qu'ils me fixaient car attirés par mon visage défiguré, couvert de cratères et de pustules. Évidemment, maintenant je suis très loin d'avoir une jolie peau, j'ai d'ailleurs abandonné cette idée quand j'ai constaté que les boutons, en disparaissant ont laissé la place à de belles cicatrices, le genre de défaut qui passe tout juste si on s'appelle Johnny Depp...

Vous allez me dire, ouais mais y a pas que le physique dans la vie, faut pas faire une fixation sur tout et n'importe quoi.
Alors oui je suis certainement une fille "formidable", je ne le sais certainement pas, je me rabaisse certainement, et je suis certainement persuadée à tort que tout les autres ont bien plus la classe que moi et que par conséquent ils méritent d'être accompagnés d'une belle blonde ou d'un beau brun. Mais en attendant, j'me fais grave chier.


dimanche 22 juin 2008

finalement

Encore des SMS qui commencent par "Finalement".
J'ai horreur de ça, surtout quand je viens à peine de grimper dans la voiture après avoir changé de tenue cinq fois, essayé trois débardeur, deux chemisiers, pour finalement me décider pour mon vieux T-shirt. Une valeur sûre.
J'ai juste passé 30mn à mettre de la crème sur mon visage, me maquiller, enlever la crème parce qu'avec la ch
aleur c'était teint luisant assuré, mettre du gel puis rincé les cheveux parce qu'il colle trop, puis remettre de la laque.
Je venais de glisser un CD joyeux dans
le lecteur, j'étais en train de chantonner gaiment, le coude dépassant de la fenêtre, lorsque je sens quelque chose vibrer dans ma poche droite. Sous le coup de la surprise et du stress je suis un peu montée sur le rond-point dans le virage.
Une fois sur l'autoroute je lis le message.
Comment ça "Finalement je vais à ... " ? C'est où ça ?
Je soupire.
Finalement... ce mec me ressemble, capable de tout lâcher à la dernière minute pour enfourcher son vélo et faire un tour juste parce q
u'il fait bon dehors. Un putain d'oiseau libre. Qu'est-ce que je peux y faire ? C'est ça, enfuis-toi va. Envole-toi mais arrête avec les promesses. Des paroles en l'air, des plans évasifs, des "si" des "quand", du futur à toutes les sauces, me font me sentir tellement légère, puis tu conclues lamentablement par un sale "finalement" et j'atterris.
Je change de CD.


Les rues sont bondées, il fait une chaleur éto
uffante. Des grappes de flics, des camions de pompiers, de la Croix Rouge. Des lumières rouges, bleues, des tas de gens, des litres de Meteor, des centaines de papiers par terre, on sentirait presque les vapeurs d'alcool émaner du sol.
Finalement je rejoins L. sur les quais.
Toujours le même bateau. Accoudée à la rambarde extérieure à défaut d'être accoudée au comptoir, je regarde les mecs fair
e leur show.
Toujours le même principe. Des garçons tout de noir vêtus, jean râpé juste ce qu'il faut, barbe de trois jours et mèche noire, san
s oublier la fameuse étoile sur les godasses aux bouts blancs. Je ne me suis pas encore lassée du tableau. Il y en aura toujours un qui me fascinera dans le lot, avec son look de jeune rebelle.
Et me voilà une bouteille à la main, sirotant de la bière tiède. Le chanteur est la réincarnation de Ian Curtis qui chanterait comme Pauls Banks.
Finalement L. achète leur album, moi n
on : j'ai déjà tous les albums d'Interpol, merci... Il fait presque nuit maintenant, et un homme vient de sauter dans le canal. Un bateau mouche rempli de touristes passe. Je pense à Jeff Buckley et à cette chanson. Cette chanson que j'étais la seule à connaître il y a cinq ans et qui passe actuellement sur toutes les radios. Le monde se réveille et redécouvre Jeff Buckley treize ans trop tard. Amen.
J'aperçois Th. en bas, mais cette fois je ne cherche plus son regard. Je fais très bien semblant de ne pas voir les gens. Tellement bien, que comme ce n'est absolument pas crédible, voire d'un ridicule pathétique, je finis par inspirer le mépris de la personne à éviter face à mon comportement hautem
ent puéril. Il ne fait donc pas non plus d'effort pour me parler, ce qui m'arrange bien étant donné que la dernière fois que je l'avais croisé, il m'avait serrée avec autorité dans ses maigres bras de géant, m'obligeant presque à me débattre pour lui échapper. C'était la première fois que j'avais vraiment peur d'être dans les bras de quelqu'un, des bras dont je ne voulais pas et qui pourtant s'imposaient, profitant de leur force et de la situation.

Tiens, je vibre, finalement un nouveau SMS est arrivé.
Finalement l'oiseau rentre dans sa cage, p
as si libre que ça... J'insiste pour qu'il vienne au moins me dire bonsoir. Vingt minutes plus tard il me trouve, je planque ma bouteille de 75 cl où clapote un petit fond, je vais essayer de passer pour une gentille fille cette fois.
Comme souvent, on marche un peu à travers la ville, parmi la foule qui gronde. Ouvrant le chemin, il tend la main derrière lui en protecteur pour ne pas me perdre en cas de bousculades. Deux ou trois fois il me prendra le bras afin de m'éviter un désagrément quelconque. On parle mais je lui coupe souvent la parole, l'alcool ayant quelque peu occulté mon sens de la polites
se et décuplé mon enthousiasme. J'aurais tellement aimé qu'il se confie à moi, mais je suis bien trop bavarde et grisée par l'ambiance pour pouvoir l'écouter. Je me rendrai compte seulement le lendemain que je devais être insupportable, ramenant tout à moi moi moi. Et moi c'est pareil, et moi un jour, et une fois moi j'ai fait, moi je...je moi.
L'heure avançant, de plus en plus de jeunes gens titubent dans les rues une bouteille à la main, ou s'affalent sur les trottoirs pourtant déjà jonchés de détritus.
Il m'accompagne finalement jusqu'à ma voiture, puis tels des gamins qui se raccompagnent à n'en plus finir oscillant entre
deux foyers jusqu'à ce qu'une de leur mère exaspérée les appelle, je l'ai à mon tour reconduit chez lui. Une dizaine de minutes plus tard, ma poche droite vibre à nouveau, me faisant presque caler au feu rouge. C'était pour me souhaiter une agréable nuit.

Finalement, c'était une bonne soirée.




mardi 17 juin 2008

Loser

Je ne l'ai pas tout de suite remarquée, posée contre le mur intérieur gauche.
C'est une librairie où on vend des bandes dessinées d'occasion devant laquelle je m'arrête machinalement chaque midi. Comme tous les jours, mon regard parcourait les étagères à la recherche de nouveautés. La plupart du temps je ne connais aucune des BD qui sont présentées, à part les classiques Tintin qui servent à attirer le chaland.
On peut donc y laisser les bandes dessinées dont on ne veut plus contre une somme symbolique qui ne suffira même pas à acheter une autre œuvre dans la boutique.

Et donc à force de scruter les titres, mon regard a fini par se poser dessus. Elle était là, celle que je lui avait offert pour Noël. Faut-il croire au hasard ? Cette bande dessinée n'est pas si connue que ça, et je sais très bien qu'il fréquente la librairie. Sur le coup j'ai failli rentrer, j'aurais pu demander au vendeur à quoi ressemble la personne qui a voulu se débarrasser de cet ouvrage, mais c'était vraiment trop ridicule. Je n'ai pas envie de passer pour une cinglée paranoïaque.
D'un autre côté, je veux bien comprendre qu'il ait voulu se séparer de cette bande dessinée. Et d'une, c'est moi qui lui ai offert, et de deux, dans un contexte pas tellement réjouissant. Et de trois, il est tellement dans la dèche que je suppose que 5€ suffiraient à lui rendre la vie plus agréable (on peut presque se payer un café ET un kir avec !) S'en débarrasser et en retirer de l'argent, quel esprit pragmatique ! Je n'aurais pas fait mieux.

Sauf que moi je suis plutôt contente du bouquin qu'il m'a offert pour mon anniversaire. Mais mon cas est différent, et bien plus pervers : ça m'est totalement égal. Je regarde cet objet avec indifférence comme je regarderais une babiole et je le feuillette avec plaisir, détachée du moindre souvenir qu'il pourrait m'évoquer. Et ouais mec, moi je suis froide, je n'éprouve aucun sentiment et je n'en ai jamais éprouvé. D'ailleurs ne m'a-t-il pas jeté à la figure sur un ton glacial, alors que j'étais encore en train de m'excuser, qu'il me souhaitait quand même de tomber amoureuse un jour ? J'ai trouvé ça un peu narcissique sur le coup. Genre oh mec, t'es pas le centre du monde, c'est pas parce que je ne t'aimais pas que je ne pourrai jamais aimer personne !

Maintenant mon compte est réglé, il ne m'aime plus, il a vendu ma BD. De toute façon je le comprends, je l'avais bien choisie, avec beaucoup d'ironie, de raillerie et on pourrait même penser à un peu de mépris...
Finalement, il a bien fait de le vendre son Loser


mercredi 11 juin 2008

Explosion is the sky

Mon ventre va exploser. Je le sens. Hier encore S. me rappelait qu'on avait quelque chose comme dix mètres d'intestin grêle. Dix mètres einh...
Déjà à l'école primaire je souffrais régulièrement de maux de ventre violents et contre lesquels tous les médicaments s'avéraient inefficaces.
Une crampe soudaine me reprend alors que j'écris ces mots. Ça commence près du nombril, et la douleur lancinante se répand jusqu'à me donner la nausée. Cette douleur est toujours la même au fil des années. Je la connais par cœur. Généralement ça va, ça vient, jusqu'à ce que ça soit tellement insupportable que je cours vomir aux toilettes.
Et après, ça va mieux. Comme le calme après la tempête, je peux me recoucher et être sure de dormir sereine quelques heures jusqu'aux prochaines terribles crampes. Ce sont ces rares moments que j'ai appris à apprécier. L'absence de douleur, le contraste avec les minutes précédentes au cours desquelles je me tordais de douleur dans mon lit, le front en sueur, les larmes aux yeux.

On va me traiter de masochiste, mais je suis sure que des fois ça vaut le coup d'avoir bien souffert pour simplement connaitre la paix. N'est-ce d'ailleurs pas cet état que recherchent les grands sportifs ? Je connais plus d'un mec qui adore suer comme une bête sur un vélo en plein été, et grimper des côtes rien que pour le plaisir de la redescendre ensuite fouetté par le vent. Pourquoi se compliquer la vie ? Moi je dis, un bon mal de ventre....

D'ailleurs je semblais tellement souffrir que les médecins avaient peur qu'il ne s'agisse d'une crise d'appendicite. Ça m'arrivait surtout le soir. C'était un tel tralala que mes grandes sœurs ont même écrit il y a une dizaine d'années un poème à ce sujet, dont je me souviens encore :

"
La nuit, quand je t'entends vomir
Je n'ai pas envie de rire
Mais plutôt de me rendormir".
Tu parles d'artistes... C'est beau la compassion entre sœurs.

Puis sont apparus ces cauchemars récurrents. Je suis sur les toilettes et je perds des morceaux de mon gros intestin dans la cuvette. Je prends une douche et c'est mon intestin grêle qui se fait la malle par la bonde....

Des années plus tard, résignée, je sais qu'il n'y a rien d'autre à faire que d'attendre plus ou moins allongée dans mon lit. Attendre que ça passe. Peut-être aller vomir de temps en temps.
Au début je croyais encore en le pouvoir de la médecine. J'ai TOUT essayé. Une fois j'étais tellement mal que j'ai pris en une fois un cocktail de médicaments tous préconisés contre le mal de ventre. J'ai gobé cinq gélules d'un coup. Évidemment, je vomissais le tout dix minutes après.
On a cherché toutes les causes possibles de cet enfer. Peut-être que j'ai bu de l'eau trop froide après un effort. Ou de l'eau trop chaude ? Mangé trop vite ? Avalé trop d'air ?

Puis finalement on est devenu blasé. Qu'est-ce qu'elle a ? Oh, un "mal de ventre explosif", oui car c'est ainsi que j'ai baptisé ce phénomène étrange il y a déjà des années...



jeudi 5 juin 2008

Mais pourquoi ?

Il y a des jours comme ça, où on a vraiment l'impression qu'on ne sert à rien, et que tout est vain. Aujourd'hui est un de ces jours. Et en plus, il pleut, vous voyez le tableau. Mes paupières sont lourdes, j'ai l'impression d'avoir des poches sous les yeux qui tirent tout le haut de mon visage vers le bas, comme si je venais de pleurer. Si je lève les yeux, c'est pour regarder dans le vide.
Je n'ai jamais vraiment su mentir, c'est pourquoi j'ai du avouer à ma mère que oui, j'ai bien perdu mon lecteur MP3 à 119€ lors de mon voyage en Turquie. Elle se doutait bien de quelque chose, et mon air gêné suivi de mon ton agressif quand elle a parlé du lecteur l'ont mis sur la piste... J'espère qu'elle ne va pas me demander ce que je cache dans ma table de nuit...
A part ça, aujourd'hui j'ai décidé que tout m'énervait. A commencer par cette minette dans la rue, dont le cul fait une bonne moitié du mien et qui a les cuisses épaisses comme mon bras. Genre la nana quand elle s'assoit, c'est pas ses fesses mais son bassin qu'elle pose sur la chaise. Ensuite il y a le clodo qui n'a plus de jambes, il est toujours là sauf qu'aujourd'hui sa bouteille de vinaigre qui contient tout autre chose que de l'acide acétique, a roulé par terre loin de son fauteuil roulant. Vas-y pour la ramasser, tiens. Lorsque je passe devant lui, essayant de l'ignorer au maximum, il tente d'articuler de sa voix gutturale quelque chose qui ressemble à
"grrrmadmoisellezauriezpasunecigaretterrrrr". Mouais. De toute façon sa vie est complètement foutue, je me demande bien à quoi lui servirait de l'argent dans l'état dans lequel il se trouve. Peut-être qu'il essaye de se tuer à petit feu...

E. me raconte comment son colocataire a trouvé leur chat écrasé sur le bitume, sous la fenêtre de leur appartement du 4ème étage. La façon dont il décrit ce pauvre chat me fait rire malgré moi. Je ne peux m'empêcher de me représenter la bestiole étalée telle une crêpe, style dessin animé, même si à cause de mon fou rire je risque fort de passer pour une fille cruelle et sadique.


Donc aujourd'hui rien ne marche. L'ordinateur plante, je n'arrive à rien enregistrer, il ne reconnaît pas la webcam, l'image est de toute façon pourrie et non seulement l'énergie mécanique de la bille ne se conserve absolument pas mais en plus elle augmente ! Et comment j'explique ça moi ? Soit je suis le nouveau Prix Nobel puisque j'ai créé de l'énergie en laissant tomber une bille, soit je suis juste une merde en physique.

Je m'en sors par une parade, on dirait que le jury apprécie mon humour. Il me dit : si tu fais ça à Paris c'est OK.
Paris putain. Je ne suis jamais allée à Paris, je n'ai jamais visité Paris, et la première fois que j'y vais, c'est pour passer l'oral d'un concours national. Bonne ambiance. Moi qui pensais y aller un jour pour connaître des soirées de débauche et visiter des musées avec une gueule de bois, c'est raté...
En plus, si je veux le réussir ce concours c'est plus par fierté qu'autre chose. Parce que si je l'ai, je me retrouve à 23 ans à enseigner de la physique-chimie à des collégiens d'une zone "Ambition Réussite" à Créteil... Trop de la balle. Enfin, j'espère que nos ministres auront la présence d'esprit de supprimer définitivement cette matière : tout le monde sait que c'est de la merde la physique-chimie. En plus ça sert à rien, on comprend rien.. D'ailleurs il n'y aura même pas besoin de la supprimer : puisque de toute façon personne n'aime ça, personne ne choisira cette matière (oui parce que maintenant on a le choix...) donc ça deviendra sûrement une "option" et ça finira par crever. Et pis tout le monde s'en branle de savoir pourquoi y a des arcs en ciel, ou pourquoi le sucre se dissout dans le café, ou pourquoi quand on met des glaçons dans un verre rempli à ras-bord, le verre ne déborde pas quand le glaçon fond, ou comment on sait si un vin à 8° c'est la même chose qu'un vin à 11%, ou pourquoi on envoie les fusées de l'équateur, on pourquoi l'eau boût à 94°C en altitude, ou comment on transmet des infos par fibre optique, ou pourquoi le soleil ne se "lève pas à l'est", ou pourquoi des ondes peuvent chauffer un plat, ou pourquoi quand une ambulance arrive vers toi, tu entends la sirène aigüe puis grave quand elle s'éloigne, ou pourquoi même on arrive à entendre de la musique, ou pourquoi la Lune ne tombe pas sur la Terre, ou pourquoi les feuilles sont vertes en été et jaunes à l'automne, ou pourquoi quand la patineuse écarte les bras elle tourne moins vite, ou pourquoi dans le vide un éléphant et une plume tombent à la même vitesse...

Merde quoi !